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Chine : un « réseau blockchain national » inscrit dans l'avis en 19 mesures du 9 octobre
L'avis du Comité central et du Conseil des affaires d'État publié le 9 octobre inscrit un « réseau blockchain national » en mesure 9. Pas de calendrier, pas de budget.
Le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil des affaires d'État ont publié, conjointement, un Avis sur le développement des nouvelles forces productives de qualité (《中共中央 国务院关于发展新质生产力的意见》) daté du 9 octobre 2026, 18:02 et diffusé par Xinhua, consultable sur xinhuanet.com. Le texte compte 19 mesures en 7 chapitres. La mesure 9 inscrit, en une ligne, la construction d'un « 国家区块链网络 » — un réseau blockchain national — au sein d'un réseau national intégré de puissance de calcul. Aucun calendrier, aucun budget, aucun opérateur désigné.
Ce que dit le texte, précisément
La formulation chinoise, dans la mesure 9 consacrée à l'intégration de l'économie réelle et de l'économie numérique, demande de « construire un réseau national intégré de puissance de calcul et un réseau blockchain national » (« 建设国家一体化算力网络、国家区块链网络 »). C'est tout. Le reste de la mesure 9 porte sur l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, le 6G, l'industrie de la robotique et la bio-fabrication. Le mot « blockchain » n'apparaît qu'une fois dans l'avis.
Ni le texte, ni la dépêche Xinhua, ne précisent :
- Opérateur ou architecture technique. Pas de référence au BSN (Blockchain-based Service Network) de la State Information Center, pourtant l'infrastructure publique chinoise la plus avancée sur ce terrain.
- Interopérabilité. Pas de nom de chaîne — pas Hyperledger, pas FISCO BCOS (soutenu par la WeBank et le China Securities Association), pas Chang'an Chain.
- Calendrier. L'avis est un cadre stratégique quinquennal implicite, mais aucune jalon n'est posé.
- Budget. Zéro chiffre public.
Les 18 autres mesures couvrent recherche fondamentale, foncier industriel, formation des talents, financement et gouvernance locale. Le point de contact crypto se limite donc à cette ligne.
Ce que l'avis ne change pas
L'avis ne lève aucune des interdictions existantes et Journal du Coin le rappelle dans sa lecture :
- Le minage de cryptomonnaies reste proscrit depuis juin 2021 (notice conjointe NDRC + plusieurs ministères).
- Les transactions en cryptomonnaies sont illégales depuis la notice du 24 septembre 2021 (PBoC et neuf autres agences), qui classe toutes les activités liées comme « activités financières illégales ».
- Aucune mention du e-CNY (yuan numérique) dans l'avis, bien que la PBoC l'opère en pilote dans plus de vingt villes.
- Aucune mention de Hong Kong ni de son régime VATP, pourtant juridiquement rattaché à la RPC.
L'avis est un texte de politique industrielle. Il nomme la blockchain comme brique d'infrastructure de calcul — à côté du 6G et de l'IA — et pas comme technologie financière.
Pourquoi la mesure 9 compte quand même
Trois raisons pour un lecteur builder ou analyste :
- Signal haut rang. Un avis cosigné Comité central / Conseil des affaires d'État se situe au-dessus des documents ministériels ordinaires. Le fait d'y voir figurer l'expression « 国家区块链网络 » place le concept sur l'agenda à moyen terme, même sans contenu opérationnel.
- Direction de l'État sur l'infrastructure. La formulation accole explicitement blockchain et puissance de calcul. Le modèle probable n'est pas un cloud public ouvert mais un réseau permissionné piloté par l'État, à l'image du BSN. L'ouverture aux chaînes publiques internationales reste exclue.
- Terrain d'ancrage pour les prochaines règles. Les futurs textes ministériels (MIIT, CAC, Banque populaire) peuvent désormais citer cet avis comme fondement. C'est le point de départ, pas un livrable.
Ce qu'il faut surveiller
- Les textes d'application MIIT et CAC attendus dans les mois qui suivent la publication d'un avis central de cette portée. Ce sont eux qui définiront l'architecture technique et la gouvernance du « réseau blockchain national ».
- Le rôle du BSN. Le réseau opéré par le State Information Center depuis 2020 est le candidat naturel. Si l'avis débouche sur un rapprochement institutionnel du BSN avec les opérateurs télécoms chinois (China Telecom, China Mobile), c'est le signal d'adoption réel.
- La position sur l'interopérabilité. Un réseau national qui refuse les ponts avec Ethereum, Bitcoin ou les L2 reste un intranet blockchain. L'inverse — une passerelle contrôlée — serait un virage politique majeur.
- Toute mention de stablecoins yuan offshore à Hong Kong. La LegCo a adopté en 2025 la Stablecoins Ordinance ; une articulation entre Hong Kong et le « réseau blockchain national » continental n'est pas évoquée mais serait le vecteur d'adoption financière le plus plausible.
Contexte
La Chine a été, jusqu'en 2021, l'un des hubs mondiaux du minage Bitcoin, avant un bannissement net. Depuis, Pékin a cultivé une position dédoublée : interdiction stricte des cryptomonnaies privées côté continental, soutien discret aux chaînes permissionnées industrielles via le BSN, pilotes e-CNY et tolérance encadrée des VATP à Hong Kong. L'avis du 9 octobre ne modifie pas cet équilibre : il ajoute une ligne de politique industrielle qui place la brique « blockchain nationale » dans le même paragraphe que l'IA et le calcul haute performance, sans l'ouvrir aux cryptomonnaies.