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Holograph : procès à Paris pour la frappe frauduleuse d'un milliard de HLG
Trois personnes jugées depuis le 16 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris pour la frappe non autorisée d'un milliard de HLG en juin 2024, estimés à ~12,5 M€.
Le procès de l'affaire Holograph s'est ouvert vendredi 16 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris. Trois personnes sont poursuivies pour la frappe non autorisée d'un milliard de tokens HLG en juin 2024, estimés à environ 12,5 millions d'euros (14,4 M$) au moment des faits. Les audiences reprennent jeudi 22 et vendredi 23 octobre. Journal du Coin couvre l'ouverture ; Cointribune avait détaillé en août 2024 les arrestations en Italie et l'extradition vers la France.
Les faits reprochés
Selon l'accusation, un ancien employé de Holograph Foundation — société enregistrée aux îles Caïmans — aurait modifié les règles de création du token HLG en passant par le contrat d'operator du protocole. Il aurait frappé un milliard de HLG supplémentaires vers un wallet qu'il contrôlait, puis réparti les jetons sur plusieurs comptes d'exchange avec le concours de deux co-prévenus.
Chronologie publique :
- 13 juin 2024 : l'exploit. Le contrat d'operator est détourné via un proxy wallet, un milliard de HLG est émis.
- Juin–août 2024 : les tokens sont écoulés sur plusieurs plateformes.
- Août 2024 : arrestations en Italie à l'issue d'une enquête conjointe BRI, Europol, direction anti-mafia italienne et Royal Cayman Islands Police Service.
- Septembre 2024 : le principal mis en cause, de nationalité ukrainienne et résidant en France, est transféré aux autorités françaises et placé en détention.
Les prévenus
- Prévenu principal : ressortissant ukrainien résidant en France, en détention provisoire depuis septembre 2024. Il est poursuivi pour accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données, escroquerie, blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs.
- Deux co-prévenus : comparaissent libres, poursuivis pour blanchiment et complicité.
Les noms des prévenus ne figurent pas dans le compte rendu d'audience public. Tous bénéficient de la présomption d'innocence.
Le chiffrage
Au moment des faits, HLG se négociait autour de 0,014 $ — l'émission non autorisée représente alors ~14,4 M$ (environ 12,5 M€). Le cours s'est ensuite effondré :
- Mai 2024 : ~0,03 $
- Après l'exploit (13 juin 2024) : jusqu'à −79 % en l'espace de dix minutes, selon la couverture d'époque relayée par The Defiant.
- Fin décembre 2024 : ~0,001 $
Journal du Coin souligne que la valeur affichée par le cours de marché à l'instant de la frappe ne mesure pas ce que les prévenus ont effectivement récupéré après dilution et liquidation. Le ministère public devra établir le produit réellement blanchi.
État du projet
Selon l'avocat de Holograph Foundation cité par Journal du Coin, la société a cessé d'opérer et prépare sa liquidation, perte de confiance des clients à l'appui. La défense critique l'absence de coopération et le refus de transmettre certains documents demandés. Le site public du projet n'affiche plus d'activité produit depuis plusieurs mois.
Pourquoi c'est notable
Trois éléments distinguent le procès :
- Un dossier d'exploit de smart contract jugé en France à charges lourdes. « Accès frauduleux à un système de traitement automatisé » (STAD) couvre explicitement la manipulation d'un contrat on-chain quand la victime a des liens suffisants avec le territoire ; le dossier teste cette qualification à son extrémité technique.
- La qualification de blanchiment en bande organisée. C'est le véhicule principal de peine lourde en droit pénal français (jusqu'à dix ans de réclusion criminelle, 750 000 € d'amende), et le ministère public devra démontrer la circulation effective des HLG dilués en fiat ou en autre crypto.
- Un insider à l'origine du dommage. La défense d'Holograph a présenté dès 2024 l'opération comme le fait d'un ancien prestataire mécontent ; l'instruction a confirmé que l'accès utilisé était un accès légitime détourné, pas une vulnérabilité externe.
Suite de la procédure
- Audiences des 22 et 23 octobre à Paris. Interrogatoires et audition des experts techniques attendus.
- Décision sur la qualification de bande organisée : point de bascule pour l'échelle de peine.
- Volet civil : Holograph Foundation en tant que partie civile et la liquidation annoncée vont déterminer si une restitution peut être prononcée.
Contexte
Les procès d'exploits DeFi aboutis à charges criminelles restent rares en Europe. Le dossier Holograph s'inscrit dans une courte série récente — l'affaire Uranium Finance / Spalletta jugée en Italie, l'instruction française autour de Tornado Cash, l'arrestation des opérateurs de Chainflip — qui testent la pénalisation côté UE après que les États-Unis ont fait la course en tête (Mango Markets, Platypus, Avraham Eisenberg). Paris devient à son tour une juridiction active sur ces dossiers.