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Netanyahou dit avoir commandé un plan blockchain contre d'éventuelles sanctions
Au micro de Channel 10 le 23 octobre, quatre jours avant les élections, le Premier ministre israélien confirme avoir demandé un plan blockchain pour parer d'éventuelles sanctions bancaires.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré le 23 octobre 2026, dans un entretien avec le journaliste Roy Katz sur Channel 10, avoir demandé l'élaboration d'un plan fondé sur la technologie blockchain pour contourner d'éventuelles sanctions bancaires. L'entretien a été diffusé quatre jours avant les élections législatives du 27 octobre. L'information a été reprise par Cryptoast à partir de i24NEWS, puis sourcée côté anglophone à partir de la transcription hébraïque par Decrypt et The Block.
Ce que Netanyahou a dit
Les citations directes, telles que rapportées par les trois médias :
- « Il pourrait y avoir des sanctions, y compris des sanctions bancaires. »
- « Il faut préparer une économie alternative et réfléchir à des monnaies qui contournent ces restrictions. »
- « La blockchain en fait partie, c'est certain. »
- « J'ai déjà demandé qu'un plan soit préparé en ce sens. »
Le Premier ministre n'a nommé ni le ministère chargé du dossier, ni la blockchain, ni la monnaie, ni le calendrier. Il a affirmé en parallèle que l'aide militaire américaine finirait par s'arrêter — « ce n'est qu'une question de temps » — et dit avoir alloué 400 milliards de shekels supplémentaires (environ 129 milliards de dollars) au budget de la défense pour les années à venir.
Pourquoi Israël y pense maintenant
Le cadre direct, c'est le régime de sanctions annoncé par le Royaume-Uni le 8 septembre 2026, visant les colonies israéliennes en Cisjordanie et prévu dans un délai de 6 à 9 mois. Onze autres pays s'y associent : France, Canada, Espagne, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pologne, Portugal, Suède, Danemark. Il prévoit un embargo sur les biens issus des colonies et des sanctions ciblées contre les entités fournissant construction, infrastructure ou financement. La presse israélienne a évoqué un risque de coupure plus large du système bancaire mondial pour l'ensemble du pays, sur le modèle du régime SWIFT contre la Russie.
Les précédents cités
Netanyahou n'a nommé aucun précédent, mais deux figurent clairement sur le dossier :
- Russie — stablecoin rouble. Le stablecoin A7A5, adossé au rouble, lancé en janvier 2025 depuis le Kirghizistan et garanti par des dépôts à Promsvyazbank, a fait circuler environ 102 milliards de dollars on-chain sur sa première année, selon Elliptic. L'essentiel du volume secondaire passe par Grinex, successeur de la plateforme sanctionnée Garantex.
- Iran — rails USDT. Un rapport du staff démocrate de la Senate Permanent Subcommittee on Investigations du 28 septembre 2026, piloté par le sénateur Richard Blumenthal, documente que 84 % des 846 portefeuilles iraniens sanctionnés opèrent presque exclusivement en USDT. Nous l'avions couvert à sa publication (voir notre article du 28 septembre).
Israël fait déjà fonctionner l'autre côté du même mécanisme. Le ministre de la Défense Israel Katz a signé le 1ᵉʳ juillet 2026 une ordonnance de sanctions contre 37 portefeuilles détenant plus de 24 millions de shekels, allégués liés aux Gardiens de la révolution iraniens et au Hezbollah. Tether a gelé 344 millions de dollars en avril et 131 millions en juillet 2026 au titre de l'Iran. Les États-Unis ont récemment sanctionné la plateforme BitBank à Téhéran pour des flux Bitcoin alimentant les Gardiens entre juin et juillet 2026.
L'infrastructure côté israélien
Netanyahou n'a pas précisé l'infrastructure. L'état des lieux :
- Bank Leumi vise un lancement du trading Bitcoin début 2027 via Galaxy Digital, sous réserve d'agrément de la Banque d'Israël.
- Aucun stablecoin national n'est émis ou agréé en Israël à ce jour. Un plan importerait donc soit un stablecoin dollar externe, soit construirait une pile domestique.
- La Banque d'Israël a mené des pilotes de shekel numérique sans engagement sur un CBDC retail.
Ce qu'il faut surveiller
- Un document du ministère des Finances ou du cabinet du Premier ministre fixant un cahier des charges avant le 27 octobre, ou l'absence d'un tel document — un simple positionnement de campagne.
- Le choix de chaîne, s'il est publié. L'arbitrage entre réserve souveraine bitcoin, stablecoin shekel, et routage sur un stablecoin dollar externe conditionne la portée réelle du dispositif face aux sanctions.
- La posture du Trésor américain, en réponse publique ou tacite.
- La diplomatie post-électorale avec le bloc britannique à 12 pays.
Contexte
Le motif se répète : trois États sanctionnés ou menacés — Russie, Iran, maintenant Israël — considèrent publiquement un rail blockchain ou stablecoin comme couverture, pendant que les mêmes rails servent au camp des sanctionnants à geler des portefeuilles. L'argumentaire crypto sur la « résistance à la censure » tend à ne voir qu'un sens de flux ; les faits de 2026 en montrent deux.