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Russie : trois accusés renvoyés en jugement pour un enlèvement crypto d'une semaine à Novossibirsk
Trois accusés renvoyés en jugement à Novossibirsk pour une séquestration d'une semaine en août 2025 et l'extorsion de 1,3 Md ₽ (~14,5 M €) en cryptos plus 50 M ₽ en espèces.
Le parquet de la région de Novossibirsk a renvoyé trois hommes devant le tribunal du district de Jeleznodorojny, selon un communiqué publié le 27 octobre. Les accusés auraient séquestré pendant une semaine un détenteur de cryptomonnaies pour lui extorquer plus de 1,3 milliard de roubles d'actifs numériques, soit environ 14,5 millions d'euros, et 50 millions de roubles en espèces (environ 540 000 €) prélevés dans son appartement.
Ce que dit l'accusation
- Date des faits : août 2025.
- Durée de la séquestration : environ sept jours.
- Lieu : Novossibirsk, puis un local à Ob (banlieue proche), puis Sosnovka dans le district d'Iskitim.
- Nombre d'accusés : trois.
- Préjudice reproché :
- Plus de 1,3 milliard de roubles en actifs numériques (environ 14,5 millions d'euros selon le taux retenu par la presse russe).
- 50 millions de roubles en espèces.
- Transferts : les cryptomonnaies auraient été virées vers des portefeuilles contrôlés par les accusés. Le communiqué ne précise pas les actifs (BTC, ETH, stablecoins) ni les adresses de destination.
- Juridiction : tribunal du district de Jeleznodorojny de Novossibirsk.
Les accusés sont présumés innocents ; aucun jugement n'a été rendu à ce stade.
Pattern
L'affaire s'inscrit dans la série russe des « attaques à la clé plate » visant des détenteurs identifiés comme tels sur place, et non via une faille technique. On y retrouve plusieurs caractéristiques récurrentes :
- Détention d'actifs tenus de façon auto-gardée, hors d'une plateforme régulée. L'extorsion de phrase-seed vaut extorsion de solde.
- Séquestration prolongée (ici une semaine), le temps d'obtenir les transferts et de couvrir les traces initiales.
- Combinaison crypto + liquide. Les 50 M ₽ prélevés à domicile pèsent moins d'un vingtième du préjudice en cryptos ; le gros du butin est bien numérique.
- Transferts vers des portefeuilles personnels des accusés, qui tracent la poursuite judiciaire — contrairement aux cas où les fonds passent immédiatement par un mixer.
Un rapport Chainalysis de juin 2026 recensait plus de 70 affaires d'extorsion violente visant des détenteurs crypto en Russie et dans la CEI depuis 2024, en hausse de 60 % sur un an. Un dossier de Tomsk, également porté devant la justice de Novossibirsk, concernait 50 millions de roubles en liquide pris sous gaz lacrymogène après une vente OTC ; les suspects avaient été interpellés à l'aéroport de Kemerovo.
À surveiller
- L'identification des actifs transférés par le dossier d'instruction. Les publications d'audience devraient détailler les cryptos et, idéalement, les adresses on-chain — point sur lequel le communiqué du parquet reste muet.
- Les suites civiles et de saisie conservatoire : la victime est russe, les actifs ont été envoyés vers des portefeuilles détenus en Russie, les comptes sont donc accessibles aux autorités d'enquête sans coopération internationale.
- La qualification pénale retenue au jugement. Les faits décrits par le parquet relèvent de l'extorsion avec violence et détention arbitraire ; les peines encourues sous le Code pénal russe vont jusqu'à 20 ans.
- Toute mention publique de l'identité de la victime. Le communiqué ne la nomme pas ; d'éventuels compléments par Kommersant ou RBC fourniront l'angle « quel profil est visé ».
Contexte
Les cas de contrainte physique pour l'accès à des actifs auto-gardés — surnommés « wrench attacks » dans le lexique anglophone — se sont multipliés depuis 2024 à mesure que les wallets matériels se sont normalisés. Le braquage de Koh Samui en 2022, dont la Cour suprême thaïlandaise vient de confirmer la condamnation à dix ans de prison dans l'arrêt 4929/2569, suivait exactement le même schéma, à ceci près que les auteurs y étaient étrangers et la victime russe également ; ici, les trois accusés et la victime sont russes et les faits se déroulent intégralement sur le territoire national. Le traitement judiciaire — renvoi devant un tribunal de district, qualification d'extorsion sous le droit commun — est désormais similaire à ce que l'on observe en Thaïlande, en Australie et dans plusieurs juridictions européennes.
Sources
- Communiqué du parquet de la région de Novossibirsk, 27 octobre 2026, repris par la presse russe (Kommersant, RBC).
- Journal du Coin, « Russie : Enlevé une semaine, un crypto-milliardaire dépouillé de 1,3 milliard de roubles », 28 octobre 2026 — https://journalducoin.com/actualites/russie-enleve-crypto-milliardaire-depouille/