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Sharjah : opération « End of Battle », 33 arrestations et 54 M$ saisis dans 4 réseaux crypto
Sharjah démantèle 4 réseaux crypto (vols de wallets, blanchiment, extorsion) : 33 interpellés de 12 nationalités, plus de Dh200 M (≈54 M$) saisis.
La Direction générale de la police de Sharjah a annoncé le 15 octobre 2026 le démantèlement, dans le cadre de l'opération « End of Battle » (« Fin de la bataille »), de quatre réseaux criminels internationaux interconnectés actifs dans le blanchiment, les cyberattaques, le vol de wallets crypto et l'extorsion. 33 personnes de 12 nationalités ont été déférées devant le tribunal pénal de Sharjah ; les autorités ont saisi plus de 200 millions de dirhams (environ 54 millions de dollars), gelé des actifs d'entreprises d'une valeur annoncée de 65 milliards de dirhams et documenté des flux de blanchiment totalisant 8,825 milliards de dirhams. L'annonce est relayée par le ministère de l'Intérieur des Émirats via son compte X officiel @moiuae et confirmée par l'agence de presse officielle WAM, Khaleej Times, Gulf News et Cryptoast.
Ce qui est reproché
Les quatre réseaux, qualifiés par la police de Sharjah de plus grosse affaire traitée dans l'histoire de la force, fonctionnaient de manière interconnectée. Chacun avait une spécialisation :
- Un premier réseau se procurait des informations issues de bases de données clients compromises, qui alimentaient les trois autres.
- Un deuxième réseau menait des campagnes de phishing et d'ingénierie sociale ciblant principalement des détenteurs de cryptomonnaies. Le ministère cite explicitement des vols de wallets et de l'extorsion crypto.
- Un troisième réseau opérait des cyberattaques contre des entreprises, sans que la nature exacte (ransomware, intrusion, DDoS extorsive) soit précisée.
- Un quatrième réseau blanchissait les produits via des actifs virtuels, puis les reconvertissait en biens de luxe — immobilier, voitures, montres, bijoux — selon la ventilation donnée par les enquêteurs.
Les chiffres
- Interpellés : 33, de 12 nationalités, dont les meneurs identifiés.
- Montants saisis et confisqués : plus de 200 millions de dirhams (≈ 54 M$).
- Actifs d'entreprises sécurisés : 65 milliards de dirhams (environ 17,7 milliards de dollars) sur plus de 30 sociétés et institutions, à l'échelle internationale.
- Volume de blanchiment documenté : 8,825 milliards de dirhams (environ 2,4 milliards de dollars), transités par comptes bancaires, wallets numériques, plateformes internationales et sociétés écrans.
- Juridiction de renvoi : tribunal pénal de Sharjah.
- Annonce officielle : 15 octobre 2026 par la Direction générale de la police de Sharjah, relayée par le ministère de l'Intérieur des Émirats.
Mode opératoire — ce que la police décrit
Les réseaux combinaient captation d'identité (données clients volées), phishing ciblé sur les détenteurs crypto (dont le vol de clés privées), extorsion et blanchiment en plusieurs couches. L'investissement final était orienté vers des actifs tangibles — immobilier, voitures de luxe, montres, bijoux — un pattern désormais classique dans les affaires crypto majeures mais rarement associé à des arrestations de cette ampleur dans la région du Golfe.
Ni la Direction de la police de Sharjah ni le ministère de l'Intérieur n'ont publié à ce stade les adresses wallets liées aux saisies, les transactions on-chain attribuées aux groupes ou la liste nominative des exchanges éventuellement sollicités pour le gel d'actifs. Ces éléments arriveront le cas échéant au cours de la procédure devant le tribunal de Sharjah.
Ce qu'il faut surveiller
- La procédure judiciaire — ouverture de l'instance, chefs d'accusation précis, publication éventuelle d'adresses on-chain par l'accusation.
- La coopération inter-États. L'opération implique 12 nationalités : les éventuelles extraditions et procédures parallèles dans les juridictions d'origine seront le vrai test de la capacité des Émirats à conduire des affaires crypto transnationales.
- Les demandes de gel aux exchanges. Les 54 millions de dollars saisis incluent probablement des actifs sur plateformes centralisées ; la liste de ces exchanges, lorsqu'elle sera publique, cartographie le circuit utilisé par les réseaux.
Pattern
L'affaire s'inscrit dans une séquence sans précédent d'opérations judiciaires crypto d'ampleur sur les trois derniers mois : la saisie de 61 245 BTC validée par la High Court britannique dans l'affaire Qian Zhimin, le démantèlement par Brooklyn et le FBI d'un réseau de fraude crypto russophone (241 sites et 112 serveurs) relayé ce matin, et l'arrestation de Richard Heart (HEX) à Istanbul par Interpol. « End of Battle » est la première opération d'ampleur comparable conduite dans le Golfe, et la première à articuler cyberattaques, vols de wallets et blanchiment d'immobilier dans un seul dossier judiciaire émirien.