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Spiko lève 90 M$ en série B menée par NEA pour ses fonds monétaires tokenisés

La fintech française Spiko boucle une série B de 90 M$ menée par NEA. L'encours atteint 2,7 Md$, contre 400 M$ en janvier 2026 à l'agrément AMF/ACPR.

par 4 min de lecture

La société française Spiko, émettrice de fonds monétaires tokenisés sur blockchains publiques, a levé 90 millions de dollars en série B menés par New Enterprise Associates (NEA), portant le total levé à 120 M$ et les encours sous gestion à 2,7 Md$, selon Cryptoast et The Block.

Le tour

  • Montant : 90 M$, série B.
  • Chef de file : New Enterprise Associates.
  • Participants : Index Ventures (qui avait mené la série A en juillet 2025), Bpifrance, Speedinvest, Flourish Ventures, Wintermute Ventures.
  • Business angels : l'ancien président de la Bundesbank Axel Weber, les fondateurs de la néobanque française Qonto.
  • Total levé depuis la création : 120 M$.

Le produit

Spiko exploite des fonds monétaires régulés libellés en euro, dollar américain, livre sterling et franc suisse. L'originalité tient à l'enveloppe : les parts de fonds sont émises sous forme de tokens sur plusieurs blockchains publiques, ce qui permet aux clients de détenir une position de trésorerie rémunérée dans les mêmes outils que leurs stablecoins. L'offre est présentée aux trésoriers comme un « cash programmable » — règlement par API, liquidité intraday, intérêts calculés quotidiennement.

Chiffres clés :

  • AUM : 2,7 Md$.
  • Croissance des encours : de ~400 M$ en janvier 2026 (au moment de l'agrément AMF/ACPR de la gamme) à 2,7 Md$ en octobre — soit un multiple de 6,75 sur neuf mois.
  • Base clients : plus de 10 000 entreprises et particuliers dans 25+ juridictions.
  • Gisement adressable cité par Spiko : ~50 000 Md$ de cash rémunéré à des taux proches de zéro en Europe et aux États-Unis. Chaque point de rendement supplémentaire représente ~500 Md$/an.

Paul-Adrien Hyppolite, cofondateur et PDG : « Notre ambition est que toute trésorerie génère un rendement par défaut, 24 heures sur 24. » Hyppolite et son associé Antoine Michon sont tous deux d'anciens conseillers économiques de la haute fonction publique française.

Spiko revendique un encours de fonds monétaires tokenisés supérieur à BUIDL (BlackRock) et FOBXX (Franklin Templeton) — affirmation défendable sur le périmètre strict des MMF tokenisés. BUIDL se situe autour de 2,5 Md$ sur un fonds unique selon les dernières lectures de RWA.xyz ; le fonds OnChain de Franklin reste plus petit. Sur la catégorie plus large des Treasuries tokenisées, OUSG (Ondo) et USYC (Hashnote) restent les leaders en volume.

À quoi sert le capital

Selon la société, trois axes :

  1. Nouveaux fonds — autres devises et variantes de maturité en complément des quatre devises existantes.
  2. Expansion géographique — bureaux locaux en Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et pays nordiques ; une entrée aux États-Unis est présentée comme l'étape suivante.
  3. Équipes et couche d'intégration — API et SDK pour que trésoriers et fintechs branchent les fonds directement dans leurs piles opérationnelles.

Contexte

La catégorie des fonds monétaires tokenisés s'est consolidée en dix-huit mois autour de quatre ou cinq émetteurs. BlackRock (BUIDL, mars 2024, Ethereum puis multi-chaînes), Franklin Templeton (FOBXX / BENJI, Stellar + Polygon), Ondo (OUSG, EVM), Hashnote (USYC, EVM), et désormais le spécialiste européen des MMF agréés, Spiko. La posture réglementaire diffère : BUIDL est un fonds privé américain réservé aux qualified purchasers ; les MMF de Spiko relèvent du cadre européen sous supervision AMF/ACPR, ce qui ouvre la porte à une base PME et ETI nettement plus large.

Le tour signale aussi un repositionnement du capital-risque européen : des fintechs françaises et allemandes lèvent sur l'angle « tokenisation » sans adosser leur pitch à une thèse crypto directionnelle. Le second chèque d'Index Ventures, après la série A de 22 M$ en juillet 2025, est le signal le plus net : les LPs européens sont à l'aise avec la plomberie MMF on-chain.

À surveiller

  1. Un fonds dollar aux États-Unis. Spiko n'a pas encore enregistré de MMF sous régime américain. Le capital de série B donne la piste financière ; la voie réglementaire (40 Act MMF ou véhicule privé) reste à préciser.
  2. Les intégrations smart-account. Le discours « cash programmable » restera abstrait tant que les intégrations concrètes avec ERC-4626 et les flux de type permit ne sont pas documentées.
  3. La réaction de BlackRock et Franklin. Les deux ont la marque et la distribution pour ajouter des devises supplémentaires s'ils veulent défendre la part de marché. Aucun n'a annoncé publiquement de dénomination non-USD.
  4. La structure de l'AUM. 2,7 Md$ sur neuf mois, c'est rapide ; la part de l'encours concentrée sur un ou deux grands clients vs. une base diffuse de trésoriers PME sera la question de résilience lors du prochain cycle de resserrement monétaire.

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