Skip to content

regulation

Chine — le 15e plan quinquennal fixe 2030 pour achever un réseau blockchain national

Le 15e plan quinquennal pour l'informatisation désigne le delta du Yangtsé et l'aire Chengdu-Chongqing comme zones pilotes ; l'interdiction des cryptos reste en place.

par 3 min de lecture

La Commission centrale des affaires du cyberespace de Chine (CAC) a publié le 23 octobre 2026 son 15e plan quinquennal pour l'informatisation nationale, qui fixe à 2030 l'achèvement « pour l'essentiel » d'un réseau blockchain national et désigne deux régions pilotes, selon le Journal du Coin et Cointribune.

Ce que dit le plan

  • Échéance : réseau national blockchain achevé « pour l'essentiel » d'ici 2030.
  • Régions prioritaires :
    • Delta du Yangtsé (autour de Shanghai) — commerce et finance.
    • Aire Chengdu-Chongqing — déploiement à grande échelle dans l'industrie et l'agriculture.
  • Autorité émettrice : la Commission centrale des affaires du cyberespace, organe du Comité central du Parti.
  • Usages visés : commerce, finance, industrie, agriculture, circulation et échange de données ; normes techniques renforcées.

Le plan ne mentionne pas explicitement de cryptomonnaie. L'interdiction des activités commerciales liées aux cryptos, en vigueur depuis la circulaire conjointe de dix organes publics de septembre 2021, reste en place et n'est pas remise en cause par ce document.

Ce qu'il n'est pas

Un réseau blockchain national piloté par la CAC n'est pas une levée de l'interdiction crypto, pas une relance publique du minage, et pas un signal d'ouverture sur les stablecoins privés. Les deux volets — infrastructure publique autorisée d'un côté, interdiction des activités spéculatives privées de l'autre — coexistent depuis 2019 : le plan prolonge cette dualité sur cinq ans supplémentaires.

Le document s'inscrit dans la lignée du Blockchain-based Service Network (BSN) lancé en 2020 et du Blockchain Service Network Spartan destiné à l'international, dont la Chine veut faire la couche d'intégration des services administratifs et sectoriels. Le e-CNY (yuan numérique de la PBoC) reste la seule monnaie numérique autorisée pour les transactions, en circuit fermé face aux stablecoins.

Un chiffre à retenir

Le seul chiffre marquant cité en marge du plan — tiré d'une note Chainalysis reprise par le Journal du Coin — porte sur l'activité crypto clandestine qui persiste malgré l'interdiction :

- Portefeuilles chinois actifs en P2P sur les stablecoins :
    × 43 par rapport à 2021 (base interdiction)
- Monnaie publique autorisée en circuit : e-CNY (PBoC)

Le plan de la CAC vise, entre autres, à offrir aux acteurs économiques domestiques une alternative institutionnelle à cette activité P2P hors cadre.

Ce qu'il faut suivre

  1. Les premiers appels d'offres régionaux. Le delta du Yangtsé a historiquement été le laboratoire du BSN ; les marchés publics qui déclineront le plan sont le signal opérationnel à surveiller, pas le texte lui-même.
  2. L'articulation avec le e-CNY. Le plan ne mentionne pas la monnaie numérique de banque centrale ; la coordination entre CAC (infrastructure) et PBoC (règlement) est le point de friction interne à observer.
  3. La dimension transfrontalière. Le projet mBridge (BRI, PBoC, HKMA, BoT, CBUAE) et BLOOM (Singapour, Malaisie, Thaïlande) tracent deux rails régionaux de stablecoins et dépôts tokenisés. Le réseau national chinois peut s'y connecter — ou s'en isoler.
  4. Les normes techniques. Le plan annonce des « normes techniques renforcées » sans les détailler. La Chine a publié depuis 2019 une série de GB/T blockchain sous la SAC ; la vague suivante sera la lecture utile.

Mise en perspective

Le 14e plan quinquennal (2021–2025) avait déjà placé la blockchain dans ses « technologies prioritaires » sans fixer d'échéance opérationnelle à l'échelle nationale ; le 15e passe du principe au calendrier. Sur la même semaine, les États-Unis ont resserré le régime d'investissements américains dans les technologies chinoises — IA, puces, biotech. Les deux agendas se referment en même temps : la Chine standardise son infrastructure blockchain intérieure pendant que Washington referme la porte sur les capitaux transfrontaliers. Les deux faits appartiennent à la même séquence.

Articles liés