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Rachat d'Exaion par MARA : plainte à New York, lobbying déclaré, feu vert Bercy
François Garcin, ex-directeur Europe de MARA, réclame plus de 11 M€ à New York ; Forward Global a déclaré avoir fait du lobbying en 2025 ; Bercy a validé la cession le 20 février 2026.
Le rachat d'Exaion, filiale d'EDF, par le mineur américain MARA Holdings, revient devant la justice. Une plainte civile déposée en juillet 2026 à New York par François Garcin, ex-directeur Europe de MARA, cumule désormais des éléments vérifiables (lobbying déclaré à la HATVP, chronologie Bercy, feu vert ministériel) et des allégations non prouvées sur l'implication de personnalités françaises, selon l'enquête de Journal du Coin.
Ce qui est prouvé
- Cession 64 % Exaion → MARA Holdings pour 148 millions d'euros, document SEC daté d'août 2025.
- Feu vert de Bercy le 20 février 2026, sous conditions contraignantes (actionnariat Xavier Niel 10 %, cinq administrateurs sur huit désignés par investisseurs français).
- Lobbying déclaré HATVP : le cabinet Forward Global indique avoir travaillé pour MARA en 2025, dans le registre public de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
- Contre-offre du consortium FlexGrid : lettre d'intention datée du 3 novembre 2025, rendue publique par l'INBi, proposant 30 millions d'euros pour une partie des parts d'Exaion plus jusqu'à 150 millions d'euros en équipements. Non retenue.
- Signalement au Parquet national financier (PNF) en décembre 2025 par le député Philippe Latombe et le sénateur Dany Wattebled. Aucune enquête confirmée à ce jour.
- Procédure civile à New York toujours en cours : le 13 octobre 2026, le juge a refusé de suspendre l'instance. MARA a jusqu'au 27 octobre pour déposer une motion de rejet.
- Exaion : filiale EDF (calcul, cloud, blockchain), environ 70 ingénieurs.
Ce qui reste allégué
Les éléments issus uniquement de la plainte Garcin, non corroborés par pièce indépendante à ce stade :
- Une rencontre entre le CEO de MARA, Fred Thiel, et l'ancien président François Hollande le 19 janvier 2026.
- Une déclaration attribuée à Fred Thiel le 7 février 2026 : « plier la tente ». Treize jours plus tard, Bercy donne son accord.
- Les commissions réclamées par Garcin : plus de 11 millions d'euros, qu'il présente comme la contrepartie contractuelle de son travail de mise en relation.
Ce que dit MARA
MARA conteste et qualifie les accusations de « fabriquées ou totalement infondées », selon la citation reprise par Journal du Coin. Le groupe prépare sa motion de rejet dans le délai fixé par le juge new-yorkais au 27 octobre.
Côté gouvernement, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a répété que Exaion « n'est pas à vendre », formule qui ne porte pas sur les 64 % déjà cédés mais sur une éventuelle vente résiduelle supplémentaire.
Que surveiller
- 27 octobre. Date limite pour la motion de rejet déposée par MARA à New York. Si elle est acceptée, la procédure s'arrête ; sinon, l'instance se poursuit sur le fond.
- Suite éventuelle du signalement PNF. Aucune enquête préliminaire n'a été confirmée au 20 octobre. Un classement sans suite ou une ouverture d'enquête serait l'étape visible suivante côté français.
- Conditions de Bercy. Les engagements de gouvernance exigés par l'État français (part Niel, administrateurs français majoritaires) sont contractuels et vérifiables au prochain exercice d'Exaion.
Contexte
L'affaire Exaion croise trois dossiers français ouverts simultanément : la souveraineté sur les infrastructures de calcul critique (Exaion opérant des services pour l'État et pour EDF), la compétence française en minage de bitcoin (Exaion disposant d'une expertise interne) et le lobbying américain déclaré sur une opération industrielle. La vidéo du 15 octobre 2026 par Florent Gabriel (Blobbio) a relancé l'attention publique sur la chronologie Bercy, treize jours entre une déclaration CEO et un feu vert ministériel sur une opération à 148 millions d'euros.
Le dossier est aussi observé en parallèle du débat PLF 2027 sur la fiscalité crypto, qui mobilise les mêmes acteurs politiques — Latombe au signalement PNF, Charles de Courson sur l'amendement wallets, Nicolas Sansu sur la taxe stablecoins. Le fil rouge est le même : où doit se placer la frontière entre l'industrie crypto et les leviers de contrôle de l'État français.