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Kazakhstan : les mineurs de Bitcoin autorisés à brancher leurs ASIC sur le gaz torché des champs pétroliers
Décret signé en juillet, plan présenté le 15 septembre : 40 à 60 champs pétroliers, 300 à 340 millions de m³ de gaz associé, 1,2 à 1,3 TWh potentiels sur des mini-centrales autonomes hors réseau.
Le gouvernement kazakh finalise le cadre juridique qui permettra aux mineurs de Bitcoin d'installer des centrales électriques autonomes directement sur les champs pétroliers, en brûlant le gaz associé aujourd'hui torché à la sortie des puits. Un décret présidentiel signé par Kassym-Jomart Tokaïev le 8 juillet 2026 ouvre la voie ; le plan opérationnel a été présenté le 15 septembre par le vice-ministre de l'IA et du Développement numérique Gizzat Baïtoursynov, selon Cryptobriefing et Euronews.
Ce que dit le plan
- 300 à 340 millions de m³ de gaz associé torchés au Kazakhstan en 2024, chiffre cité par Daniyar Moubarakov, président de l'Association Blockchain and Digital Mining du pays.
- 1,2 à 1,3 TWh de production électrique potentielle si ce gaz est converti sur site en électricité.
- 40 à 60 champs pétroliers identifiés par le ministère de l'Énergie comme éligibles.
- Deux ministères impliqués : Énergie (production pétrolière) et IA / Développement numérique (encadrement des fermes de minage).
- Régime hors réseau : les mineurs installent leur propre unité de génération et consomment l'électricité sur place. Le réseau national n'est pas sollicité.
Mécanisme
Le gaz associé est produit en même temps que le pétrole. Lorsque son transport et sa valorisation coûtent plus cher que la torchère, il est brûlé au bec de puits — perte pour l'opérateur, émission de CO₂ nette, sans valeur ajoutée. La règle kazakhe propose d'orienter ce gaz vers une turbine ou une génératrice modulaire installée sur le champ, dont l'électricité alimente un container de mineurs ASIC posé à côté. L'opérateur pétrolier valorise un flux qu'il aurait autrement perdu ; le mineur obtient une électricité au coût de production, hors tarif national ; l'État réduit ses volumes torchés et ses émissions déclarables au titre des engagements climatiques.
Des installations pilotes tourneraient déjà dans les régions d'Atyraou et de Manguistaou, à l'ouest du pays, sous forme de conteneurs préfabriqués reliés à des générateurs de gaz.
Contexte
Le Kazakhstan a été, en 2021, un des principaux exutoires pour le hashrate chassé de Chine. Une série d'importations non déclarées d'ASIC et une pression trop forte sur le réseau électrique national avaient obligé le gouvernement à durcir la fiscalité et à couper l'accès des mineurs au grid en 2022–2023. Le pays cherche depuis un modèle qui garde l'activité sans peser sur les tarifs domestiques. Le gaz associé est la version 2026 de cette réponse : les mineurs restent, mais hors du réseau public et sur une source d'énergie autrement gaspillée.
À surveiller
- Publication des décrets d'application. Le décret présidentiel du 8 juillet pose le cadre ; les arrêtés interministériels qui définiront les seuils, les redevances et le régime fiscal ne sont pas encore publiés.
- Volume torché réellement capté. Les 300 à 340 M m³ sont un plafond théorique. Le hashrate qui viendra dépendra du prix du BTC et de la marge en dollars par MWh disponible localement.
- Concurrence régionale. L'Oman, les Émirats et le Texas poussent des modèles proches (miner-of-last-resort sur gaz torché ou stranded). Le premier pays à publier un cadre stable et une fiscalité prévisible captera la capacité disponible.
- Émissions comptables. Convertir du gaz torché en électricité pour miner du Bitcoin réduit les émissions de méthane (le méthane brûlé devient du CO₂) mais ne les élimine pas. Le calcul climatique dépendra de la méthodologie retenue par le ministère de l'Environnement.
Position dans le paysage
Le Kazakhstan est aujourd'hui, selon les estimations publiques du Cambridge Centre for Alternative Finance, autour de la cinquième ou sixième position mondiale en hashrate Bitcoin. La règle sur le gaz associé, si elle survit aux arbitrages ministériels, peut rebrancher une partie de la capacité qui avait quitté le pays entre 2022 et 2024. La question restante — comme pour toutes les tentatives de valorisation du gaz torché depuis 2021 — reste la solidité opérationnelle : les puits ne sont pas conçus pour héberger de l'informatique 24/7, et les taux de disponibilité observés sur les premiers pilotes texans en ont refroidi plus d'un.