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FinCEN coupe MEXC du système financier américain : 16,7 Md$ de flux illicites, 2021-2026

FinCEN qualifie MEXC de préoccupation majeure de blanchiment sous Section 9714 le 6 novembre : 16,7 Md$ de flux liés à l'Iran, la Russie et la Corée du Nord sur 5 ans.

par 4 min de lecture

Le Trésor américain, via FinCEN, a signé le 6 novembre 2026 un arrêté qualifiant MEXC de « préoccupation majeure en matière de blanchiment de capitaux » sous la Section 9714 du Combating Russian Money Laundering Act. L'ordre entre en vigueur 30 jours après publication au Federal Register et interdit alors aux institutions financières américaines de transmettre des fonds vers ou depuis la plateforme. Le communiqué officiel du Trésor chiffre à ~16,7 milliards de dollars les flux suspects passés par MEXC entre mai 2021 et mai 2026. Cryptoast et Journal du Coin reprennent le détail.

Ce que FinCEN reproche à MEXC

L'arrêté ventile les 16,7 Md$ comme suit :

  • ~1,5 Md$ liés au contournement des sanctions visant la Russie, notamment via Garantex (sanctionnée depuis avril 2022 par OFAC et démantelée en mars 2025) et son successeur Grinex, flux actifs jusqu'en juin 2026.
  • ~1 Md$ de transactions avec plus de 40 plateformes iraniennes, dont certaines déjà sanctionnées. Environ 22 M$ auraient directement profité à la banque centrale iranienne et aux Gardiens de la révolution (IRGC).
  • ~200 M$ liés à A7A5, un stablecoin indexé sur le rouble, proche du réseau A7 sanctionné en 2025.
  • Flux liés à la Corée du Nord (Lazarus Group et affiliés) et à des activités de cybercriminalité, sans chiffrage précis au communiqué.

L'ordre s'inscrit dans Operation Economic Outcast, la campagne du Trésor lancée en août 2026 contre l'écosystème financier soutenant l'Iran. Même jour, OFAC a désigné huit MSB canadiens sous le même parapluie opérationnel — flux retravaillés par TRX via des intermédiaires nord-américains.

Réponse de MEXC

Dans un communiqué publié samedi, la plateforme affirme que les retraits restent ouverts et que les services fonctionnent normalement. MEXC précise ne pas accepter officiellement de clients américains et annonce un audit indépendant de ses contrôles AML et sanctions. Pas d'indication sur une éventuelle contestation judiciaire de la désignation.

Mécanique : Section 9714 vs Section 311

Section 311 (Patriot Act)Section 9714 (CRML Act, 2024)
AutoritéFinCENFinCEN
CibleInstitution financière étrangèreInstitution financière étrangère, en lien Russie/Chine/Iran/Corée du Nord
EffetInterdiction de comptes de correspondanceInterdiction de transmission de fonds, incluant stablecoins
PrécédentGarantex 2022, Huione Group octobre 2025Première application contre une plateforme crypto d'ampleur

La Section 9714 est plus large : elle couvre explicitement les transmissions en stablecoins, pas seulement les comptes de correspondance bancaires. C'est un durcissement net du périmètre pour les plateformes exposées à USDT/USDC.

Que surveiller

  1. Publication au Federal Register : déclenche les 30 jours du compte à rebours pour les institutions US.
  2. Gel potentiel d'USDC chez Circle sur les adresses MEXC désignées, précédent établi par les désignations iraniennes de juin et août 2026.
  3. Sortie de fonds clients : les retraits restent ouverts côté MEXC, mais les rails stablecoin US (USDC Circle) peuvent se fermer avant la date d'effet.
  4. Position de Tether (USDT) : historiquement plus lent qu'OFAC-driven freeze, mais exposé à la pression de secondary sanctions.
  5. Contestation judiciaire : MEXC n'a pas annoncé de recours ; la précédente action contre Huione n'a pas été contestée.

Contexte

MEXC est la troisième plateforme crypto coupée du système financier américain sous les régimes 311/9714, après Garantex en 2022 et Huione Group en octobre 2025. Le communiqué du Trésor et la couverture d'Elliptic sur le piratage Binance convergent sur un même constat : les volumes significatifs de blanchiment lié à la DPRK et à l'Iran passent aujourd'hui moins par des mixers que par des plateformes centralisées à conformité faible, et la réponse américaine s'est déplacée des exchanges-domiciliés aux chaînes d'intermédiaires qui les alimentent.

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