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AscendEX ferme au passage MiCA, ZachXBT documente des hot wallets quasi vides

AscendEX cesse ses opérations le 1er juillet, faute d'agrément MiCA. ZachXBT documente dès le 26 juin des retraits en cascade et des hot wallets dégarnis en ETH, USDT et SOL.

par 6 min de lecture

L'exchange centralisé AscendEX, sur la liste noire de l'AMF depuis le 30 septembre 2024, a cessé l'ensemble de ses activités le 1er juillet 2026 — jour d'entrée en vigueur pleine et entière du règlement européen MiCA. L'annonce a été communiquée aux utilisateurs par email le 6 juillet, avec un aveu que la couverture crypto n'avait pas anticipé : la plateforme prévient qu'elle n'est pas en mesure de garantir le remboursement intégral des soldes de ses clients. En amont, l'enquêteur on-chain ZachXBT avait publiquement alerté dès le 26 juin sur des retards de retraits en cascade et des hot wallets étrangement dégarnis en ETH, USDT et SOL. La fiche liste noire de l'AMF reste le document primaire côté régulateur ; l'affaire est documentée côté presse spécialisée par Journal du Coin, Coin Academy et Cryptoast.

Chronologie de la fermeture

  • 30 septembre 2024 — L'AMF ajoute ascendex.com à sa liste noire des acteurs offrant des services sur crypto-actifs sans autorisation en France.
  • 26 juin 2026 — ZachXBT publie une alerte sur X : retraits en cascade retardés, hot wallets de la plateforme quasi vides en ETH, USDT et SOL, aucune preuve de réserves publiée.
  • 1er juillet 2026 — MiCA entre en vigueur pleine et entière dans l'UE. AscendEX cesse trading, dépôts, staking, prêt, parrainage, swap. Seuls les comptes restent accessibles pour des besoins limités de fermeture (retraits, mises à jour KYC, réclamations).
  • 6 juillet 2026 — Email officiel aux utilisateurs. Les retraits automatiques sont suspendus et passent en revue manuelle, sans garantie de délai ni de montant final. Motifs invoqués : absence d'agrément MiCA + « transaction stratégique » de liquidité que la contrepartie n'a pas honorée.

Le calendrier importe : le premier signal de tension on-chain précède l'annonce officielle de cinq jours, et l'aveu que les retraits pourraient ne pas être intégralement honorés vient cinq jours après l'arrêt des activités — pas au même instant.

Ce que ZachXBT a documenté

Le fil d'alerte du 26 juin n'est pas un audit formel, mais une lecture de portefeuilles publics. Les points qu'il rend visibles :

  • Des retraits ETH, USDT et SOL retardés sur plusieurs semaines pour des utilisateurs qui ont ouvert des tickets support.
  • Des hot wallets identifiés comme appartenant à AscendEX quasi vides sur ces trois actifs — plus assez d'inventaire pour honorer un pic de retraits sans mobiliser des cold wallets qui, eux, ne sont pas publiquement identifiés.
  • Aucune preuve de réserves publiée par la plateforme, contrairement à la pratique désormais courante chez les CEX post-FTX.

Ce que ZachXBT ne fournit pas — et qu'il faut noter honnêtement : un chiffrage total du trou, ni un décompte des cold wallets. L'observation reste opérationnelle (hot wallets), pas comptable (bilan complet).

Le trou de liquidité et la « transaction stratégique »

Dans son email du 6 juillet, AscendEX invoque deux causes.

La première est réglementaire : sans agrément MiCA au 1er juillet, la plateforme ne peut plus servir de clients européens — la fenêtre transitoire s'est refermée d'un coup dans les 27 États membres, la France comprise. C'est le motif que la plateforme met en avant.

La seconde est financière et se lit en creux dans le communiqué : une « transaction stratégique coordonnée » censée apporter la liquidité nécessaire au développement de la plateforme n'a pas été honorée par la contrepartie. Le communiqué ne nomme pas la contrepartie et ne chiffre pas le manque à combler. Ce que la plateforme concède : elle « évalue actuellement sa position financière et analyse les options possibles pour honorer ses obligations envers les titulaires de comptes ». Traduction éditoriale prudente : elle ne sait pas si elle pourra les honorer.

Attribution — ce que dit l'AMF, ce qu'elle ne dit pas

L'AMF a fait ce qu'elle peut faire dans le cadre PSAN puis MiCA : inscrire ascendex.com sur la liste noire avant l'implosion. La fiche liste noire date la décision au 30 septembre 2024 — vingt et un mois avant l'arrêt d'activité. Le motif inscrit est standard : offre de services sur crypto-actifs sans autorisation.

Ce que l'AMF ne fournit pas — et ce n'est pas dans son mandat courant — c'est une comptabilité des utilisateurs français exposés, ni un rôle procédural dans une éventuelle liquidation. Si une procédure formelle s'ouvre, elle relèvera du régime insolvabilité applicable au siège juridique d'AscendEX, pas de la juridiction française.

Chiffres

- Décision liste noire AMF     : 30 septembre 2024
- Alerte on-chain ZachXBT      : 26 juin 2026
- Arrêt des activités          : 1er juillet 2026 (entrée en vigueur MiCA)
- Email officiel aux clients   : 6 juillet 2026
- Retraits automatiques        : suspendus, passage en revue manuelle
- Hot wallets documentés vides : ETH, USDT, SOL (portefeuilles publiquement associés)
- Preuve de réserves publiée   : aucune
- Contrepartie « stratégique » : non nommée, montant non chiffré
- Autorisation MiCA obtenue    : aucune
- Recours pour les utilisateurs : dépôt de plainte, procédure au siège juridique
- Sources primaires            : AMF (liste noire), AscendEX (email du 6 juillet)
- Sources on-chain              : ZachXBT (fil X du 26 juin)

Chiffres relayés tels que documentés par Journal du Coin, Coin Academy et Cryptoast à partir de l'email AscendEX et du fil ZachXBT.

Ce qui se joue maintenant pour les utilisateurs

  1. Documenter avant que ça ne bouge. Captures d'écran des soldes, hash des dépôts, historique des tickets support. Un dossier structuré aura une valeur devant un liquidateur qu'il n'aura pas devant une plateforme fermée.
  2. Déposer plainte auprès des forces compétentes. ZachXBT a explicitement appelé les utilisateurs concernés à déposer des rapports auprès des autorités — la démarche alimente les enquêtes en cours et conditionne l'accès à d'éventuelles procédures collectives.
  3. Traiter la revue manuelle comme un canal parmi d'autres. Elle reste ouverte, sans garantie de délai ni de montant final. Le calendrier utile est celui d'une éventuelle procédure d'insolvabilité, pas celui d'un support client.
  4. Cesser de déposer sur les CEX offshore sans preuve de réserves. C'est la conclusion opérationnelle unique de ce dossier — pas une opinion, une conséquence directe de ce que documente l'AMF depuis vingt et un mois et ZachXBT depuis quinze jours.

Contexte — deuxième sortie MiCA-liée en dix jours

Le passage MiCA du 1er juillet trie mécaniquement les acteurs qui n'ont pas obtenu l'agrément : sur 117 PSAN historiques enregistrés en France, 83 seulement ont obtenu leur autorisation MiCA à cette date. AscendEX n'est pas seule à passer par la porte.

  • Binance France — services crypto arrêtés en France au 1er juillet 2026, faute d'agrément MiCA obtenu à temps. Fermeture ordonnée avec transferts organisés vers les plateformes autorisées.
  • Bitget — plus autorisé à servir les clients français au 1er juillet, transfert des actifs en USDC organisé vers Coinhouse (PSAN agréé A2026-013) pour les anciens clients Bitget.

Trois sorties, trois profils très différents : Binance ferme proprement, Bitget négocie une passerelle avec un acteur agréé, AscendEX implose. La différence n'est pas réglementaire — c'est le passage MiCA qui joue de la même manière pour les trois. La différence est financière, et elle était visible on-chain quinze jours avant l'annonce officielle. C'est le signal opérationnel à retenir : la ligne « pas d'agrément MiCA » n'est pas la même que la ligne « pas d'agrément MiCA et hot wallets vides ». Les deux ne convergent chez le même utilisateur qu'en cas d'implosion — et cette convergence, elle, se lit.

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