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Bhoutan : un décret royal ouvre les réserves de la banque centrale de Gelephu aux cryptos

Annoncé le 2 novembre, le décret transforme le bureau des services financiers de Gelephu en banque centrale habilitée à investir en actifs numériques parmi ses réserves.

par 4 min de lecture

Le roi du Bhoutan, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, a signé un décret, annoncé le 2 novembre 2026, qui transforme le Gelephu Financial Services Office en banque centrale de Gelephu, avec mandat de gestion de la politique monétaire, des réserves, de la stabilité financière, de la supervision, des systèmes de paiement et de règlement, et du soutien de liquidité. Le décret autorise la nouvelle banque à investir en actifs numériques parmi ses actifs de réserve conventionnels. Le périmètre est rapporté par Journal du Coin, avec l'annonce officielle publiée sur gmc.bt et relayée par Bhutan Broadcasting Service.

Ce que le décret change

  • Statut : le bureau devient banque centrale à part entière, avec toutes les attributions standards d'une BC
  • Juridiction : la Gelephu Mindfulness City — zone administrative spéciale créée par charte royale en février 2024, au sud du Bhoutan, à la frontière indienne
  • Réserves : la banque peut investir en crypto-actifs aux côtés de ses actifs de réserve conventionnels. Le décret ne l'y oblige pas et ne cible aucun token nommément
  • Monnaie locale : le texte autorise une devise propre à Gelephu, éventuellement numérique, mais seulement avec approbation royale. Aucune émission n'est annoncée
  • Postes à pourvoir : la banque prévoit plus de 50 postes, incluant la supervision des actifs virtuels, les paiements et la lutte anti-blanchiment
  • Coordination avec la Royal Monetary Authority (banque centrale nationale bhoutanaise qui émet le ngultrum) : non précisée publiquement

Ni le gouverneur, ni d'officiel désigné, ni aucun pourcentage ou plafond d'allocation ne figurent dans l'annonce. Le texte du décret lui-même n'est pas reproduit dans les sources publiques citées.

La place du Bhoutan dans la carte souveraine Bitcoin

Le Bhoutan est déjà l'un des rares États à détenir publiquement du Bitcoin via sa société d'investissement souveraine Druk Holding & Investments (DHI), qui mine depuis 2019 en s'appuyant sur l'hydroélectricité du royaume et détient des avoirs BTC accumulés sur plusieurs années. L'annonce de Gelephu étend ce mouvement d'un investisseur souverain vers une banque centrale — étape institutionnelle d'une autre nature. L'article de Journal du Coin ne reprend pas de montant sur les avoirs DHI actuels ; les décisions d'allocation futures de la banque centrale de Gelephu ne sont pas chiffrées.

Que surveiller

  1. La publication intégrale du décret et son texte juridique : la rédaction exacte des pouvoirs d'investissement en actifs numériques déterminera si l'allocation est permise, encadrée ou incitée.
  2. La coordination avec la RMA bhoutanaise. Deux banques centrales sur le même territoire ne fonctionnent pas en silo. Une convention ou un cadre de coordination est inévitable — son contenu sera le vrai test de l'autonomie de Gelephu.
  3. La nomination du gouverneur et de l'équipe de supervision des actifs virtuels. Les 50+ postes incluent des fonctions techniques crypto ; les recrutements signaleront la posture pratique.
  4. Les premières lignes de réserves publiées. Une banque centrale publie ses réserves. Le premier bilan de la banque centrale de Gelephu, et la ligne qu'il consacre aux actifs numériques, dira à quel point le mandat crypto est un mandat opérationnel.

Contexte

Les États qui expérimentent avec les crypto-actifs en réserve se divisent en trois profils : les porteurs souverains (Bhoutan via DHI, Salvador via sa trésorerie nationale, UAE via certaines entités publiques), les États qui détiennent via saisies (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Chine), et les banques centrales qui n'ont, jusqu'ici, pas ouvert leurs réserves au Bitcoin ou à d'autres crypto-actifs — la Czech National Bank a ouvert le dossier en 2025 sans décision. L'arrivée d'une banque centrale bhoutanaise habilitée à investir en actifs numériques, même si elle reste optionnelle, est le premier décret national connu qui place explicitement la détention crypto dans le mandat d'une BC. L'échelle — une zone administrative spéciale, pas l'ensemble du royaume — maintient la portée circonscrite ; elle n'est pas nulle pour autant.

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