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La Grèce inscrit ses quatre premiers CASP au registre MiCA et écarte les rumeurs Lagarde–Binance

BCash, Xenios Blockchain Group, Capital Wallet Greece et Piraeus Bank apparaissent au registre ESMA. La HCMC dément toute pression de la BCE sur le dossier Binance.

par 4 min de lecture

La HCMC — Hellenic Capital Market Commission — a inscrit ses quatre premiers prestataires de services sur crypto-actifs au registre MiCA de l'ESMA, entre le 30 juin et le 7 août 2026. Le régulateur grec profite de la publication pour démentir formellement les allégations d'une pression exercée par la présidente de la BCE Christine Lagarde pour bloquer l'agrément de Binance. Le registre ESMA compte désormais 359 CASP au niveau européen, selon Finance Feeds.

Les quatre entités inscrites

Trois prestataires sont supervisés par la HCMC. Le quatrième relève de la Banque de Grèce au titre de son statut bancaire :

  1. BCash — supervision HCMC.
  2. Xenios Blockchain Group — supervision HCMC.
  3. Capital Wallet Greece — supervision HCMC.
  4. Piraeus Bank — supervision Banque de Grèce.

La double tutelle reflète la structure grecque : la HCMC agrée les CASP « pure players », la Banque de Grèce couvre les établissements bancaires qui proposent des services crypto. C'est le même schéma que celui déjà en place en France entre l'AMF et l'ACPR.

Ce qui rend le lot politiquement chargé

La Grèce était devenue, en juin 2026, le nœud d'une bataille européenne : Binance y avait déposé, en janvier 2026, sa demande d'agrément CASP, en pariant sur le passeport MiCA. Reuters avait rapporté le 16 juin que la HCMC s'apprêtait à rejeter le dossier ; Binance avait retiré sa demande le 24 juin 2026, à sept jours de la fin de la période transitoire du 1er juillet — épisode que nous avions couvert à l'époque.

Dans les jours qui ont suivi le retrait, plusieurs médias avaient prêté à Christine Lagarde des propos pressant la HCMC de bloquer Binance. Le régulateur grec y répond, cette fois par écrit :

« Aucun de ses responsables n'a tenu les propos rapportés »

La HCMC ajoute n'avoir reçu aucune communication de la BCE, du Premier ministre ou du ministère des Finances concernant la demande de Binance. La formulation est ferme, l'affaire est déminée côté institutionnel.

Ce que MiCA change pour la Grèce

L'inscription des quatre premiers CASP intervient trois mois après l'expiration, le 1er juillet 2026, de la période transitoire ouverte aux prestataires enregistrés sous les anciens régimes nationaux (l'équivalent grec du PSAN français). Un pays qui n'a personne au registre au bout de trois mois est un pays qui n'a plus de prestataire local autorisé à opérer en Europe.

La Grèce rejoint le peloton avec un rythme comparable à celui de plusieurs États membres du Sud et de l'Est de l'UE. Le tempo — six semaines pour boucler quatre dossiers, dont un établissement bancaire — indique une HCMC qui prend le temps d'instruire, plutôt qu'un rush post-échéance.

Numbers block

  • CASP grecs inscrits : 4
  • Dates d'inscription : 30 juin – 7 août 2026
  • Supervision : 3 HCMC, 1 Banque de Grèce (Piraeus Bank)
  • Total CASP au registre ESMA : 359 (mise à jour du 24 septembre 2026)
  • Retrait Binance Grèce : 24 juin 2026, sept jours avant la fin de la période transitoire
  • Sources : Journal du Coin, Finance Feeds, Crypto Briefing, registre ESMA

Que surveiller

  1. Le dossier Binance suivant. L'exchange doit rebattre les cartes dans un autre État membre pour espérer un passeport avant fin 2026. Sans agrément, chaque semaine coûte du marché européen.
  2. Les CASP grecs à venir. Quatre inscriptions en six semaines suggèrent que d'autres dossiers sont en cours d'instruction à la HCMC. Le prochain lot dira si la Grèce vise le rôle de hub régional ou reste un marché de niche.
  3. La cohérence ESMA sur les agréments transfrontaliers. L'ESMA a publié en juillet ses premières recommandations sur les délégations et sous-traitances CASP. La façon dont la HCMC les applique aux passeports entrants sera un test.

Contexte

Le refus implicite du dossier Binance en juin, suivi de l'inscription de quatre CASP indépendants trois mois plus tard, dessine une politique cohérente côté HCMC : le régulateur ne fait pas de la Grèce la porte d'entrée des dossiers d'exchanges globaux mal préparés, mais accueille les acteurs qui montent des structures locales complètes. C'est la même ligne que l'ACPR française et la BaFin allemande. La CSSF luxembourgeoise, qui a récemment agréé Ripple Payments en poussant le registre ESMA au-dessus de la barre des 294 CASP, applique une lecture plus accueillante — l'écart entre les deux modèles est le vrai débat MiCA de la rentrée.

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