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LIBRA : la justice fédérale argentine prononce un non-lieu pour Milei

Le juge Martínez de Giorgi suit les réquisitions du parquet : non-lieu pour Javier Milei, sa sœur Karina et neuf autres personnes dans le dossier du memecoin LIBRA.

par 4 min de lecture

Le juge fédéral argentin Marcelo Martínez de Giorgi a prononcé le 24 octobre 2026 un non-lieu dans l'enquête sur le memecoin LIBRA, suivant les réquisitions du parquet. Onze personnes sont concernées, parmi lesquelles le président argentin Javier Milei et sa sœur Karina Milei, secrétaire générale de la présidence, selon Cryptoast qui s'appuie sur des dépêches RFI/AFP et RTVE.

La décision

Le parquet, dont le juge adopte la position, considère que « les faits dénoncés ne correspondent à aucune qualification pénale ». Deux points précis :

  • Pour Javier Milei, le juge reconnaît que sa fonction a pu donner « un plus grand impact » au lancement du memecoin le 14 février 2025, sans constituer à elle seule un schéma frauduleux au sens du code pénal argentin.
  • Pour Karina Milei, le juge écarte explicitement la qualification de trafic d'influence.

Aucun des onze mis en cause n'a été auditionné avant la décision. Figurent dans la liste l'Américain Hayden Davis, promoteur du token, ainsi qu'un lobbyiste crypto argentin dont le nom n'est pas précisé par le média.

Rappel des faits

Le 14 février 2025, Milei relaye sur X la promotion du memecoin $LIBRA, présenté comme un véhicule de financement pour PME tech argentines. Le cours s'envole, puis s'effondre après la suppression du message par Milei quelques heures plus tard.

Les chiffres consolidés par la commission parlementaire d'enquête et par les analystes blockchain :

- Portefeuilles perdants recensés : plus de 114 000
- Pertes individuelles maximales : jusqu'à 100 000 dollars
- Gains individuels maximum signalés : plus de 1 million $/wallet
- Fonds extraits par 8 portefeuilles liés au créateur : ~99 M$
  (estimation des analystes blockchain)
- Montant que Hayden Davis reconnaît avoir contrôlé : ~100 M$

Davis nie toute irrégularité. Milei affirme avoir agi « de bonne foi ».

Ce que la décision ne tranche pas

Le non-lieu intervient sur l'enquête préliminaire pour escroquerie présumée. Elle ne clôt pas :

  • Les procédures civiles. Les porteurs perdants peuvent toujours engager des recours au civil. Plusieurs plaintes groupées sont pendantes aux États-Unis et en Argentine.
  • Les investigations parlementaires. La commission d'enquête, qui a produit les chiffres de pertes, reste saisie.
  • L'affaire Novelli. En avril, le New York Times a publié des relevés montrant sept appels téléphoniques entre Milei et l'entrepreneur Mauricio Novelli dans la nuit du lancement. Novelli n'est pas nommé parmi les onze bénéficiaires du non-lieu — son dossier procédural n'est pas précisé par Cryptoast.
  • Les procédures aux États-Unis. Hayden Davis, de nationalité américaine, est aussi concerné par des recours civils fédéraux. Le non-lieu argentin ne les éteint pas.

Pourquoi ça compte

Le dossier LIBRA a été, avec le TRUMP coin, l'un des deux memecoins « officiels » ayant mis en lumière le risque juridique pour un chef d'État qui promeut une token-vente. L'issue argentine fixe une position de référence : la promotion présidentielle, prise isolément, ne caractérise pas la fraude pénale au sens local. C'est une victoire judiciaire pour Milei et un signal pour les autres juridictions qui regardent des dossiers équivalents.

Le non-lieu ne dit rien, en revanche, sur les wallets liés au créateur (Davis, et les sept autres portefeuilles identifiés par les analystes blockchain) : la question du contrôle économique de la token et du dumping coordonné reste entière, mais elle sort du périmètre immédiat du non-lieu.

Ce qu'il faut surveiller

  1. Un éventuel appel du parquet à ses propres réquisitions — rare mais possible — ou la saisine d'un juge d'instruction supérieur.
  2. Les procédures civiles US contre Hayden Davis, où le standard de preuve est inférieur au pénal argentin.
  3. La position de la CNV (Comisión Nacional de Valores), le régulateur argentin des marchés, qui n'a pas publié de communication finale sur $LIBRA.
  4. Les retombées sur TRUMP coin et équivalents. Le précédent LIBRA sera cité dans toute défense d'un officiel promoteur de token.

Contexte

Le dossier LIBRA avait secoué la Casa Rosada en février 2025 et conduit à des demandes d'impeachment par l'opposition. Il reste l'un des benchmarks pour mesurer le passif judiciaire des « memecoins officiels » et pour calibrer la frontière entre promotion politique et manœuvre pénale sur token.

Sources :

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