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PLF 2027 : le rejet des recettes fait tomber la déclaration des wallets
L'Assemblée rejette la partie recettes du PLF 2027 par 458 voix contre 0 le 4 novembre. L'amendement Courson à 100 000 € adopté la veille tombe avec. Paul Midy publie son opposition.
L'Assemblée nationale a rejeté la partie recettes du PLF 2027 par 458 voix contre 0 dans la soirée du mardi 4 novembre 2026. Conséquence immédiate : l'amendement I-2701 porté par Charles de Courson et adopté la veille, qui imposait la déclaration des wallets autohébergés dès 100 000 €, tombe avec le reste. Le même soir, le député Paul Midy (EPR, Essonne) a repris publiquement son opposition au seuil de 5 000 € qu'avait défendu Nicolas Sansu. Source : Journal du Coin.
Ce qui s'est passé
- 3 novembre, soir : rejet de l'amendement I-3922 (Nicolas Sansu, GDR) imposant une déclaration des wallets autohébergés dès 5 000 € ; rejet de sa version de repli à 50 000 € ; adoption de l'amendement I-2701 (Charles de Courson, LIOT) à 100 000 € avec amende jusqu'à 10 000 €.
- 4 novembre, soir : 458 voix contre 0 — l'ensemble de la partie recettes du PLF 2027 est rejeté. Toute la pile d'amendements fiscaux adoptés en séance disparaît du texte.
- À venir : le texte repart au Sénat dans sa version initiale. Examen à partir du 20 novembre. La commission mixte paritaire aura le dernier mot.
Point important. Le rejet n'est pas un vote d'opposition à la déclaration des wallets en tant que telle — c'est un rejet global du volet recettes, pour des raisons budgétaires qui débordent largement le sujet crypto. Le compteur revient à zéro, mais le sujet n'est pas enterré : il peut revenir au Sénat, en CMP, ou par voie d'amendement du gouvernement sur un futur texte.
L'intervention de Paul Midy
Paul Midy — député EPR de l'Essonne, auteur de la PPL 3090 cosignée par 91 parlementaires — a publié son opposition au seuil de 5 000 € sur X, avant le rejet des recettes. Deux arguments repris par Journal du Coin :
« Pensez-vous que ceux qui fraudent sont assez idiots pour se dire : tiens ».
« Il faut protéger les entrepreneurs cryptos, pas les jeter en pâture aux voleurs ! »
Il compare les crypto-actifs à des biens non déclarés par défaut — bijoux, tableaux — et pointe le risque qu'un fichier des détenteurs devienne une cible pour les criminels (le précédent fuite FICOBA / DGFIP est explicitement dans l'arrière-plan du débat de l'automne). Sa PPL 3090 reste en attente en commission des finances.
Chiffres
- Rejet recettes PLF 2027 : 458 voix contre 0 (4 novembre)
- Amendement adopté la veille (tombé) : I-2701, seuil 100 000 € au 31 décembre, amende jusqu'à 10 000 €
- Amendements rejetés : I-3922 à 5 000 € et sa version de repli à 50 000 €
- Reprise du texte au Sénat : 20 novembre 2026
- Précédent historique : la CMP du 28 avril 2026 avait supprimé le seuil 5 000 € qui figurait dans le plan antifraude, puis réintroduit par voie d'amendement dans le PLF 2027
- PPL 3090 Midy : 91 cosignataires, en attente en commission des finances
Ce qu'il faut surveiller
- L'ordre du jour du Sénat à partir du 20 novembre — c'est la prochaine fenêtre où un seuil de déclaration peut réapparaître. Les sénateurs reçoivent la version initiale, sans les amendements de l'Assemblée.
- La composition de la future commission mixte paritaire : c'est elle qui tranchera entre la version Sénat et la version Assemblée. La CMP a déjà, en avril, préféré supprimer un seuil bas plutôt que l'adopter.
- Les éventuels amendements gouvernementaux lors de la nouvelle lecture — c'est le canal le plus rapide pour réintroduire un dispositif de déclaration sans dépendre d'un parlementaire isolé.
- La position de l'Adan et de la CNIL sur le risque de fichier central, après les précédents d'octobre sur la fuite de données fiscales (
adan-cnil-dgfip-ficoba-fuite-donnees-fiscales). - Le calendrier d'examen de la PPL 3090 de Paul Midy : sans programmation en commission des finances, elle ne quittera pas l'étape de dépôt.
Contexte
L'automne budgétaire français 2026 aura posé trois fois la question du seuil de déclaration des wallets : plan antifraude (supprimé en CMP en avril), plan d'automne (reporté), PLF 2027 (adopté à 100 000 € le 3 novembre, tombé le 4 novembre). Ce ping-pong n'est pas spécifiquement crypto — c'est le fonctionnement normal d'un budget en lecture sans majorité stable — mais il laisse l'industrie française dans un flou documentaire durable : chaque dépôt oblige à re-préparer une position, chaque rejet remet le compteur à zéro, et aucun seuil n'a passé l'étape de la navette parlementaire complète depuis 18 mois. La commande politique est là (banque-de-france-moulin-vivatech-stablecoins-souverainete) ; la stabilité législative, non.